Le retrait-gonflement des argiles (RGA) est souvent associé au sud-ouest ou au centre de la France, mais l'Île-de-France figure parmi les régions concernées. Sols argileux du Bassin parisien, alternance de sécheresses et de réhumidifications : de nombreuses communes franciliennes présentent une exposition moyenne à forte. Cet article fait le point sur les départements et secteurs les plus sensibles, et sur les démarches concrètes à connaître si votre maison est située en zone exposée.

Pourquoi l'Île-de-France est concernée par le RGA

Le Bassin parisien repose en grande partie sur des formations sédimentaires riches en argiles. Or, certaines argiles dites « gonflantes » se contractent lors des épisodes de sécheresse, puis se regonflent lorsque l'eau revient. Ce mouvement alterné fragilise les fondations des maisons individuelles, généralement peu profondes, et provoque des fissures caractéristiques, souvent en escalier sur les façades ou autour des ouvertures.

Selon le BRGM et le portail Géorisques, qui publient la carte nationale d'exposition au retrait-gonflement des argiles, une part importante du territoire francilien est classée en aléa faible à moyen, avec des poches d'aléa fort. Les épisodes de sécheresse répétés de ces dernières années ont accru le nombre de sinistres déclarés et de communes reconnues en état de catastrophe naturelle.

4
niveaux d'aléa cartographiés (de nul à fort)
8
départements franciliens potentiellement concernés
50 cm
profondeur minimale de fondation souvent recommandée en zone argileuse

Les départements les plus exposés

L'exposition n'est pas uniforme : elle dépend de la nature géologique du sous-sol, qui varie fortement d'un secteur à l'autre. Voici les grandes tendances observées sur la cartographie de Géorisques.

Seine-et-Marne (77)

Vaste et largement pavillonnaire, la Seine-et-Marne concentre de nombreux secteurs en aléa moyen à fort, notamment dans les plateaux argileux de la Brie. Les maisons individuelles avec fondations superficielles y sont particulièrement vulnérables lors des sécheresses estivales.

Essonne (91) et Yvelines (78)

Ces deux départements présentent une mosaïque de zones : les plateaux et les versants argileux y côtoient des secteurs sableux moins sensibles. De nombreuses communes pavillonnaires de l'Essonne et de la vallée de Chevreuse dans les Yvelines apparaissent en aléa moyen.

Val-d'Oise (95), Seine-Saint-Denis (93), Val-de-Marne (94) et Hauts-de-Seine (92)

La proche couronne n'est pas épargnée. Certaines buttes et plateaux du Val-d'Oise, ainsi que des secteurs du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis, présentent une exposition non négligeable. L'urbanisation dense ne supprime pas le risque : les maisons individuelles anciennes restent concernées.

Le classement d'une commune en aléa « faible » ne signifie pas absence de risque. Des sinistres peuvent survenir localement selon la nature précise du terrain de votre parcelle, la présence d'arbres proches ou l'historique de la construction. Seule une étude géotechnique de sol (mission G5 ou G2) permet de qualifier le risque réel sur votre terrain.

Comment vérifier l'exposition de votre commune

Vous pouvez consulter gratuitement et en quelques minutes le niveau d'aléa de votre adresse :

  • Géorisques (georisques.gouv.fr) : saisissez votre adresse pour obtenir la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles et l'historique des arrêtés de catastrophe naturelle.
  • BRGM : source scientifique de la cartographie nationale de l'aléa.
  • Base GASPAR : recense les arrêtés de catastrophe naturelle commune par commune.
  • service-public.fr : pour les démarches liées à la garantie catastrophe naturelle et aux délais de déclaration.

Depuis le 1er janvier 2020, l'état des risques remis lors d'une vente ou d'une location intègre l'information sur le retrait-gonflement des argiles dans les zones exposées. C'est un document à examiner attentivement avant tout achat immobilier en Île-de-France.

Les facteurs qui aggravent le risque sur une parcelle

Au-delà du classement de la commune, plusieurs éléments locaux peuvent amplifier les mouvements du sol :

  • La végétation proche : les arbres à fort développement racinaire (peupliers, saules, chênes) pompent l'eau du sol et accentuent le retrait en période sèche.
  • Les variations d'humidité : fuites de réseaux enterrés, drainage défaillant, ou au contraire dessèchement localisé près d'un mur exposé au sud.
  • L'hétérogénéité du terrain : une partie de la maison fondée sur de l'argile et l'autre sur un sol plus stable crée des tassements différentiels.
  • Des fondations insuffisamment profondes sur les constructions anciennes, conçues avant la généralisation des études de sol.

Quels réflexes adopter en zone exposée

Si votre maison se situe dans un secteur argileux francilien, plusieurs mesures de prévention limitent les désordres :

  • Maintenir une distance suffisante entre les arbres et la maison, ou installer des écrans anti-racines.
  • Gérer les eaux pluviales pour éviter les concentrations d'humidité près des fondations.
  • Surveiller et réparer rapidement toute fuite de canalisation enterrée.
  • Faire réaliser une étude de sol avant tout projet d'extension ou de surélévation.
  • Documenter l'apparition de fissures (photos datées, mesures de largeur) pour suivre leur évolution.

En cas de fissures évolutives après une période de sécheresse, vérifiez si votre commune a fait l'objet d'un arrêté de catastrophe naturelle : la déclaration à votre assureur doit alors intervenir dans les délais réglementaires (généralement 30 jours après publication de l'arrêté au Journal officiel).

📍 Vérifiez le risque argile de votre commune

Le niveau d'exposition au retrait-gonflement des argiles varie fortement selon les communes. Les zones les plus exposées en France concentrent l'essentiel des sinistres déclarés.

Conclusion

L'Île-de-France n'est pas à l'abri du retrait-gonflement des argiles, en particulier la Seine-et-Marne, l'Essonne et certains secteurs des Yvelines et du Val-d'Oise. Vérifier l'exposition de votre adresse sur Géorisques, examiner l'état des risques et, en cas de doute, faire appel à un expert restent les meilleurs moyens de protéger durablement votre habitation. Face à des fissures, un diagnostic précoce évite souvent des réparations lourdes et coûteuses.

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