Vous avez entendu dire que le zonage RGA (retrait-gonflement des argiles) de votre commune allait être révisé, et vous vous demandez ce que cela signifie pour votre maison ? Niveau d'exposition, obligations à la vente, couverture assurantielle : un changement de classification n'est jamais anodin. Cet article fait le point sur ce que peut impliquer une mise à jour des zones RGA, sans alarmisme et avec des actions concrètes.

Qu'est-ce que le zonage RGA et qui le détermine ?

Le retrait-gonflement des argiles est un phénomène géologique : certains sols argileux gonflent quand ils absorbent de l'eau et se rétractent en période de sécheresse. Ces mouvements répétés fragilisent les fondations et provoquent des fissures sur les habitations, en particulier les maisons individuelles de plain-pied sur fondations superficielles.

La cartographie de l'aléa RGA est établie par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) et diffusée via le portail Géorisques. Elle classe le territoire en plusieurs niveaux : aléa faible, moyen et fort. Cette carte sert de référence pour les obligations d'information et pour l'application de la réglementation sur les constructions neuves.

Ces cartes ne sont pas figées. Elles sont affinées au fil du temps grâce à de nouvelles données géotechniques, à l'amélioration des modèles et au retour d'expérience des sinistres déclarés. C'est dans ce cadre qu'une commune peut voir son zonage évoluer.

Pourquoi les zones RGA peuvent changer en 2026 ?

Plusieurs facteurs expliquent une révision du zonage :

  • L'amélioration de la connaissance géologique : de nouvelles campagnes de sondage ou des données plus précises permettent d'affiner la délimitation des formations argileuses.
  • Le retour d'expérience des sécheresses : les épisodes récents, comme l'année 2022 particulièrement intense, alimentent les modèles et peuvent justifier un reclassement.
  • Les évolutions réglementaires : la réglementation issue de la loi ELAN, qui impose des études de sol pour les constructions en zone d'aléa moyen et fort, s'appuie sur ces cartes et pousse à les maintenir à jour.

Un reclassement peut aller dans les deux sens : une commune ou une partie de son territoire peut passer en aléa plus élevé, mais aussi être révisée à la baisse selon les données disponibles.

3
niveaux d'aléa : faible, moyen, fort
48%
environ du territoire métropolitain exposé à l'aléa (source BRGM/Géorisques)
2018
loi ELAN encadrant les études de sol en zone à risque

Ce que change concrètement un reclassement pour votre maison

Obligations d'information lors d'une vente ou location

Si votre commune passe en aléa moyen ou fort, l'État des Risques et Pollutions (ERP), désormais intégré à l'IAL (Information Acquéreurs Locataires), devra mentionner cette exposition. Concrètement, lors d'une vente ou d'une mise en location, vous devrez informer l'acquéreur ou le locataire du niveau d'aléa RGA de votre bien. Ce document est obligatoire et engage votre responsabilité s'il est incomplet.

Études de sol pour les constructions neuves

En zone d'aléa moyen et fort, la réglementation impose au vendeur d'un terrain constructible de fournir une étude géotechnique préalable (G1), et au constructeur de réaliser une étude de conception (G2). Si votre terrain passe dans ces zones, ces obligations s'appliqueront à tout nouveau projet de construction ou d'extension lourde.

Conséquences sur la valeur et les diagnostics

Un passage en aléa fort peut influencer la perception d'un bien sur le marché. À l'inverse, cela ne signifie pas que votre maison va se fissurer : l'aléa décrit une probabilité liée au sol, pas un sinistre certain. La qualité des fondations et le drainage des eaux jouent un rôle déterminant.

Un changement de zonage RGA ne déclenche pas automatiquement une indemnisation ni n'efface des fissures existantes. Pour qu'un sinistre soit pris en charge au titre de la garantie catastrophe naturelle, il faut un arrêté de reconnaissance Cat Nat pour votre commune, sur la période concernée. Le zonage et l'arrêté Cat Nat sont deux choses distinctes.

Et pour l'assurance et la garantie catastrophe naturelle ?

C'est souvent là que naît la confusion. Le zonage RGA est une carte d'aléa : il indique le risque potentiel. La garantie catastrophe naturelle, elle, repose sur un mécanisme différent. Pour être indemnisé de fissures liées à la sécheresse, votre commune doit faire l'objet d'un arrêté interministériel de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, publié au Journal officiel, couvrant la période du sinistre.

Vous pouvez consulter les arrêtés Cat Nat de votre commune via la base GASPAR sur Géorisques. Un changement de zonage ne modifie pas vos garanties d'assurance habitation : la garantie Cat Nat est obligatoirement incluse dans les contrats multirisques habitation, quel que soit le niveau d'aléa.

En revanche, vivre en zone d'aléa fort renforce l'intérêt de bien documenter l'état de votre maison : photos datées, mesures de fissures, factures d'entretien. Ces éléments seront précieux en cas de déclaration de sinistre.

Comment vérifier le zonage RGA de votre commune

Avant de tirer des conclusions sur un éventuel changement, vérifiez l'information à la source :

  • Rendez-vous sur le portail Géorisques et saisissez votre adresse pour obtenir la fiche risques de votre parcelle.
  • Consultez la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles établie par le BRGM.
  • Vérifiez les arrêtés Cat Nat passés via la base GASPAR.
  • Renseignez-vous auprès de votre mairie sur l'existence d'un Plan de Prévention des Risques (PPR) éventuel.

Méfiez-vous des chiffres circulant sur les réseaux sociaux : seules les sources officielles font foi. Si un reclassement est annoncé, attendez la publication effective des cartes avant d'engager des démarches.

Que faire dès maintenant pour anticiper ?

Que votre commune soit reclassée ou non, quelques actions de bon sens limitent votre exposition au RGA :

  • Maîtriser l'eau autour de la maison : éviter les fuites de canalisations enterrées, assurer une bonne évacuation des eaux pluviales loin des fondations.
  • Gérer la végétation : les arbres aux racines profondes (peupliers, saules, chênes) assèchent le sol ; respecter une distance de plantation adaptée à leur hauteur.
  • Surveiller les fissures : photographier et mesurer toute fissure suspecte, surtout celles en escalier sur les angles ou supérieures à 2 mm.
  • Faire réaliser un diagnostic en cas de doute, par un expert indépendant capable d'évaluer l'origine des désordres.

Si vous constatez déjà des fissures, un changement de zonage ne suffira pas à elles seules à les expliquer ou à les faire indemniser. Une expertise structurelle est la seule façon fiable d'établir le lien entre les désordres et le phénomène de retrait-gonflement.

📍 Vérifiez le risque argile de votre commune

Le niveau d'exposition au retrait-gonflement des argiles varie fortement selon les communes. Les zones les plus exposées en France concentrent l'essentiel des sinistres déclarés.

En résumé : un changement de zonage RGA renforce vos obligations d'information et, pour les constructions neuves, l'exigence d'études de sol. Il ne modifie pas vos garanties d'assurance et ne déclenche aucune indemnisation automatique. La meilleure attitude reste l'anticipation : connaître votre exposition réelle et faire diagnostiquer toute fissure suspecte par un professionnel.

Votre maison est concernée ?

Être rappelé par un expert fissures local

Gratuit · Sans engagement · Sous 24h · Données RGA transmises à l'expert